Comprendre les termes du cancer du sein
Note importante. Ce lexique ne remplace pas l'avis de votre équipe médicale. Les définitions ici sont volontairement simplifiées — elles sont là pour vous aider à mettre des mots sur ce que vous entendez, pas pour poser un diagnostic ou orienter un traitement. Si quelque chose vous préoccupe, parlez-en à votre médecin.
01
Le diagnostic
Carcinome
C'est simplement le mot médical pour dire "cancer". Rien de plus, rien de moins.
Quand on vous parle de carcinome, on vous dit que des cellules sont devenues cancéreuses.
Canalaire
Le cancer a commencé dans les canaux du sein — les petits tubes qui transportent le lait.
C'est le type le plus fréquent de cancer du sein.
Lobulaire
Le cancer a commencé dans les lobules — les petites glandes qui produisent le lait.
Moins fréquent, mais différent dans sa façon de se développer.
Infiltrant (ou invasif)
Le cancer ne reste pas à un seul endroit. Il a commencé à s'étendre dans les tissus autour.
Infiltrant ne veut pas dire "partout dans le corps". Ça veut dire qu'il a dépassé sa zone d'origine.
In situ
L'opposé d'infiltrant. Le cancer est encore "sur place" — il ne s'est pas propagé au-delà de son point de départ.
C'est généralement une découverte plus précoce.
Grade
Le grade indique à quel point les cellules cancéreuses sont agressives — à quel rythme elles se multiplient et à quel point elles ressemblent encore à des cellules normales.
Plus le grade est élevé (1, 2 ou 3), plus le cancer est considéré comme "rapide" ou désorganisé.
Stade
Le stade indique où en est le cancer dans le corps — est-il localisé au sein, ou s'est-il propagé ailleurs ?
Les stades vont de 0 à 4. Ce n'est pas une sentence — c'est une information qui guide le traitement.
Métastatique
Un cancer est dit métastatique quand il s'est propagé à d'autres parties du corps — les os, le foie, les poumons, le cerveau. Ce n'est plus un cancer du sein localisé, c'est un cancer du sein qui a voyagé.
Un cancer métastatique est incurable, mais pas nécessairement immédiatement fatal. Beaucoup de femmes vivent des années avec un cancer de stade 4, sous traitement. C'est une réalité qu'on n'entend pas assez.
Triple négatif
Un type de cancer du sein qui ne réagit pas aux hormones (œstrogène, progestérone) et dont les cellules ne produisent pas de protéine HER2 en excès.
Moins d'options de traitement hormonales, mais d'autres approches existent — dont la chimiothérapie et l'immunothérapie.
Hormonodépendant
Le cancer se nourrit des hormones — l'œstrogène ou la progestérone — pour se développer.
Ce n'est pas une mauvaise nouvelle en soi : ça veut dire qu'on peut utiliser des traitements pour bloquer ces hormones et ralentir le cancer.
Œstrogène / Progestérone
Des hormones naturellement présentes dans le corps. Certains cancers du sein les utilisent pour se développer plus vite.
Votre rapport de pathologie indiquera si votre cancer est récepteur positif (ER+ ou PR+) à ces hormones.
HER2
Une protéine présente sur certaines cellules cancéreuses. Quand elle est produite en trop grande quantité, le cancer peut se développer plus rapidement.
HER2 positif peut sembler effrayant, mais il existe des traitements ciblés très efficaces contre ce type de cancer.
BRCA1 / BRCA2
Des gènes dont le rôle est normalement de protéger contre le cancer. Quand ils sont mutés, ce mécanisme de protection fonctionne moins bien.
Une mutation BRCA augmente le risque de cancer du sein et des ovaires. Un test génétique peut le détecter. Ça concerne aussi votre famille biologique.
Ganglion sentinelle
C'est le premier ganglion lymphatique que le cancer atteindrait s'il commençait à se propager hors du sein.
On le prélève et on l'analyse pour savoir si le cancer a commencé à voyager. C'est une information clé pour la suite du traitement.
02
L'équipe
Oncologue
Le ou la médecin spécialisé·e dans le traitement du cancer. C'est généralement la personne qui coordonne et prescrit votre traitement médical — chimiothérapie, hormonothérapie, immunothérapie.
Au Québec, vous en aurez souvent un·e en oncologie médicale et un·e en radio-oncologie si la radiothérapie est au programme.
Chirurgienne (ou chirurgien)
La personne qui effectuera l'opération — tumorectomie, mastectomie, prélèvement du ganglion sentinelle. Au Québec, elle est souvent présente dans votre dossier dès les premières semaines, même avant que la chirurgie soit planifiée.
C'est elle qui détermine ce qui est techniquement possible selon votre anatomie et votre type de cancer.
Infirmière pivot
Au Québec, l'infirmière pivot en oncologie (IPO) est votre point de contact principal dans le système de santé. Elle coordonne votre parcours, répond à vos questions entre les rendez-vous et fait le lien entre les différents membres de votre équipe.
C'est souvent la personne la plus accessible quand vous avez une question urgente ou que vous ne savez pas vers qui vous tourner. Gardez son numéro proche.
Pharmacienne en oncologie
Une pharmacienne spécialisée dans les médicaments utilisés en cancer. Elle prépare vos traitements, vérifie les doses et peut répondre à vos questions sur les effets secondaires des médicaments.
Vous la croiserez surtout si vous recevez des traitements en clinique d'oncologie. N'hésitez pas à lui poser des questions — c'est son rôle.
03
Les examens
Scintigraphie osseuse
Un examen d'imagerie qui permet de voir si le cancer s'est propagé aux os. On vous injecte un produit légèrement radioactif qui se concentre dans les zones osseuses anormales, puis une caméra capte ces zones.
C'est un examen de bilan, pas un traitement. Il sert à avoir un portrait complet de ce qui se passe dans votre corps.
Ventriculographie (MUGA)
Un examen qui évalue le fonctionnement de votre cœur — plus précisément, la façon dont il pompe le sang. Certains traitements de chimiothérapie peuvent affecter le cœur, et cet examen sert de point de départ pour surveiller ça.
On vous fait cet examen avant de commencer certains traitements pour s'assurer que votre cœur peut les tolérer, et pour comparer après.
TEP scan (ou PET scan)
Un examen d'imagerie avancé qui détecte les zones d'activité cellulaire intense dans le corps — dont les cellules cancéreuses, qui consomment beaucoup de sucre. On vous injecte un traceur, puis un scanner capte son parcours.
Le TEP scan donne une image globale du corps. Il aide à déterminer si le cancer est présent ailleurs que dans le sein.
04
Les traitements
Chimiothérapie
Un traitement médicamenteux qui cible les cellules qui se divisent rapidement — dont les cellules cancéreuses. Elle peut être administrée avant la chirurgie (néoadjuvante) pour réduire la tumeur, ou après (adjuvante) pour éliminer les cellules restantes.
La chimio touche aussi des cellules saines, ce qui explique les effets secondaires. Votre équipe est là pour les gérer avec vous.
AC (Adriamycine + Cyclophosphamide)
Une combinaison de deux médicaments de chimiothérapie fréquemment utilisée dans le cancer du sein. C'est souvent la première phase du protocole de chimio.
AC est connu pour ses effets secondaires plus intenses — nausées, fatigue, perte de cheveux. Ce n'est pas agréable, mais c'est temporaire.
Taxol (Paclitaxel)
Un autre médicament de chimiothérapie, souvent administré après l'AC. Il fonctionne différemment — il empêche les cellules cancéreuses de se diviser.
Le Taxol peut causer des douleurs aux articulations et une sensibilité aux extrémités (mains, pieds). Signalez tout à votre équipe.
Radiothérapie
Un traitement qui utilise des rayons pour détruire les cellules cancéreuses restantes après la chirurgie. Les séances sont courtes et se font généralement tous les jours pendant plusieurs semaines.
On ne voit rien, on ne sent rien pendant la séance. Les effets (fatigue, irritation de la peau) apparaissent avec le temps.
Immunothérapie
Un traitement qui aide votre système immunitaire à reconnaître et à combattre les cellules cancéreuses. Il est utilisé dans certains types de cancer du sein, notamment le triple négatif.
L'immunothérapie ne fonctionne pas pour tout le monde ni pour tous les types de cancer. Votre oncologue saura si c'est pertinent dans votre cas.
Hormonothérapie
Un traitement qui bloque ou réduit les hormones (œstrogène, progestérone) dont certains cancers se nourrissent. Il se prend généralement sous forme de comprimés, pendant 5 à 10 ans après les autres traitements.
C'est un traitement long mais discret. Les effets secondaires ressemblent souvent à ceux de la ménopause.
05
Les chirurgies
Tumorectomie
Une chirurgie qui retire uniquement la tumeur et une marge de tissu sain autour, en conservant le sein.
On l'appelle aussi chirurgie conservatrice. Elle est souvent suivie de radiothérapie.
Mastectomie
Une chirurgie qui retire tout le sein — le tissu mammaire, mais pas nécessairement les muscles ou les ganglions.
Elle peut être unilatérale (un seul sein) ou bilatérale (les deux). C'est une décision qui vous appartient, en collaboration avec votre équipe.
Mastectomie bilatérale
Le retrait des deux seins, même si le cancer n'est présent que d'un côté. Certaines femmes choisissent cette option pour réduire le risque de récidive ou par choix personnel.
C'est une décision personnelle et complexe. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse.
Reconstruction à plat
Le choix de ne pas reconstruire de sein après la mastectomie. La poitrine reste plate, parfois avec une cicatrice horizontale.
C'est un choix valide et de plus en plus reconnu. Certaines femmes s'y sentent tout à fait elles-mêmes.
Implants mammaires
Une reconstruction du sein à l'aide d'une prothèse en silicone ou en solution saline, placée sous la peau ou sous le muscle.
Peut être faite immédiatement lors de la mastectomie ou en différé. Plusieurs formes et textures existent.
Expanseurs
Des ballonnets temporaires placés sous la peau après la mastectomie, qu'on gonfle progressivement pour étirer les tissus avant de poser un implant définitif.
C'est une étape intermédiaire. Le processus prend plusieurs mois, mais prépare le terrain pour la reconstruction finale.
DIEP (lambeau de perforante de l'artère épigastrique inférieure profonde)
Une reconstruction qui utilise la peau et la graisse de votre abdomen pour recréer un sein. Aucun implant — c'est votre propre tissu.
C'est une chirurgie longue et complexe, mais le résultat est souvent très naturel. Toutes les femmes ne sont pas candidates.
Grand dorsal
Une reconstruction qui utilise le muscle et la peau dans le dos (le grand dorsal) pour recréer le sein. Peut être combinée à un implant.
Laisse une cicatrice dans le dos en plus de celle sur le sein. Le bras et l'épaule peuvent nécessiter une rééducation.
Comprendre ces mots ne rend pas le diagnostic plus facile. Mais ça enlève un peu de flou. Ça aide à mettre du sens sur ce qu’on vit, quand tout semble incompréhensible. Et parfois… c’est déjà beaucoup.
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